Haïkouest - l'abcde ... du haïku contemporain

 



                                    
                                                                                             ©a.l.Haïkouest
 
 

 
 
*

pour recevoir
par mail

 
merci de vous inscrire
en remplissant ce formulaire
 
Prénom:
Nom:
Société:
Email:
Téléphone:
Ligne d'adresse 1:
Ligne d'adresse 2:
Ville:
Etat / Région:
Code postal:
Commentaires:
 
 
 
Extraits
 
 
*
Édition n°22, juin 2011.


M  comme  Maître…






Bashô maître du haïku
Hervé Collet et Cheng Wing Fu Collection Spiritualités vivantes
Ed. Albin Michel février 2011.

       Le livre débute par de longs extraits du journal de voyage de Bashô
l'Etroit chemin vers le Nord profond. A partir de 1689, Bashô commence à mettre en avant
le principe de légèreté (karumi) dans le haïku. La beauté à travers un langage simple et
dépouillé comme la vie qu'il mena d'ermitage en ermitage.

le jardin en hiver   
la lune telle un fil        
quelques bruissements d'insectes 

Après deux années passées à Edo, il décide de regagner Ueno, sa ville natale qui le verra
mourir à la fin de l'année 1694, à l'âge de 50 ans. Ville où il écrira son dernier haïku:  

malade en voyage   
mon rêve erre       
sur la lande flétrie. 

Le livre d’Hervé Collet et de Cheng Wing Fu  est composé de deux parties: la première nous
offre un portrait du maître au travers de ses carnets de voyages  et la deuxième, une brassée
de haïkus de Bashô  

dans l'étable                                                   dans le jardin   
    la rumeur affaiblie des moustiques                    le parfum des chrysanthèmes        
          le vent d'automne                                              et une semelle usée 

                                                                                                   Chantal Couliou  


____________________________   


Je viens de lire « Bashô, Maître de Haïku », ouvrage publié cette année chez Albin Michel.
Ce livre aurait pu tout aussi bien être intitulé « Bashô à la source » tant il est vrai qu'il s'agit
non pas d'un énième commentaire sur l'œuvre, mais plutôt d'une invitation au voyage proposée adroitement par Hervé Collet et Cheng Wing Fun. En effet, ces deux auteurs nous conduisent,
dans une première partie intitulée « Portrait », sur les pas de Bashô à travers les écrits du
Maître, avant de consacrer l'autre partie de l'ouvrage à ses poèmes, chacun d'entre eux figurant
pleine page en langue française mais aussi en calligraphie japonaise.

Le lecteur est ainsi transporté au Japon du XVIIème siècle, il suit Bashô dans ses errances,
ses appétits de nature et parfois ses amertumes vis-à-vis de la société. Son portrait est celui
d'un moine errant et laïc, celui qui aspire, à partir de l'âge de quarante ans, à s'écarter du
monde et de ses mesquineries.

Recueilli à l'âge de treize dans une famille seigneuriale, Bashô faillit devenir samouraï. La solide
amitié du fils de son protecteur contribua sans doute à le diriger vers les Lettres. Cet ami meurt
trop tôt, cependant un jeune poète est né à ses côtés. Il entreprend l'étude de la philosophie
taoïste ainsi que celle des poètes chinois. C'est en hommage à l'un d'entre eux qu'il se fait
appeler « Pêche verte » à l'âge de vingt-huit ans puis « Le Studio du Papillon » en mémoire de
Chuang Tzu philosophe.  

Quant au haïkaï de Chine
j'interrogele papillon
qui voltige 

C'est en 1681, à l'âge de 37 ans, que Rika, l'un de ses disciples, lui offre le bananier qui
scellera son identité pour toujours. « La résidence est surnommée par les voisins Bashô-an,
L'Ermitage au bananier  et son occupant en vient vite à être appelé Maître Bashô, surnom qu'il
adopte comme nom de plume. » Dans le même temps il s'initie au zen, l'éveil à ce qui fonde
notre nature, éveil « au rien fondamental » d'après le maître chinois Feng Chan (IXème siècle),
là où flotte toute la subtilité du monde.  

Seule possession
d'une vie dénuée de tout
une gourde de riz 

Et puis s'installe le goût de l'errance, des pèlerinages poétiques « si le zen s'arrête à l'éveil de
la réalité, à l'expérience pure et simple de l'évidence, la poésie a pour vocation de la mettre
en mots ».  

Voyageur
sera désormais mon nom
première averse d'hiver 

Dans ses carnets Bashô écrit ceci : « A la tombée de la nuit, ayant trouvé un abri dans une
auberge, j'essaie de me remémorer les paysages de la journée et les poèmes que j'ai
composés sur le chemin. Je sors mon nécessaire à écrire, m'allonge sous la lampe, les yeux
clos, me tapotant la tête. » Lors de réunions de disciples, il insiste inlassablement sur le
principe de légèreté (karumi) encourageant le langage simple et direct.  

Descendant le sentier de la montagne
tant me réjouissent
les violettes 

De ses irritations vis-à-vis des gens qu'il croise, Bashô n'exprime à travers ses écrits aucune
colère, aucune animosité, ici encore le haïku apporte une légèreté, un brin d'humour, une
cocasserie qui souligne la sagesse du maître :       

Année après année
le singe arbore
son masque de singe 

Bashô vécut cinquante ans, de 1644 à 1694. Au terme du chemin, il conviendra qu'il est
illusoire
de vouloir échapper aux affres de la vie quotidienne. La sagesse est de s'y arrêter sans en
devenir esclave. Parlant du haïku il confie : « au bout du compte, sans capacité et sans talent particulier, j'ai fini par me consacrer entièrement à cette passion ».  

Le rossignol
dans le bosquet de jeunes bambous
chante son vieil âge              

Tout est dit : l'oiseau aussi va vieillir, tandis qu'autour de lui la nature régénère, et le chant, lui,
persiste. Ce chant est le chant-éveil, baigné de toutes choses, une douce complainte qui
s'élève inlassable pour dire l'éphémère.
Bashô s'interrogeait sur la valeur de ses écrits : « Mais les notes que j'ai rassemblées ne sont
peut-être après tout que le bavardage d'un homme ivre, le bafouillage incohérent d'un dormeur. »
Près de cinq siècles plus tard, ce chant de rossignol est toujours audible, sans doute parce
qu'il se consacre à l'essentiel.
Lire Bashô c'est se ressourcer. On ne dira jamais assez le bonheur de découvrir un tel ouvrage
dans lequel les écrits du Maître apparaissent à chaque page. Chacun sait que la source est ici
quasi-inépuisable, par cet opus de format de poche, les initiés et ceux qui le sont moins
peuvent aborder l'œuvre de manière simple et se distraire tout au long d'un périple que Bashô
lui-même vécut simplement.            

Le coucou !
illico le maître de haïku    
prend congé du monde 

                                                                     Jean Le Goff Président de Haïkouest


                                                                     *
                   

Une curiosité unique : la prosodie vietnamienne en ‘‘six huit’’ 

                                                                                         par Dông Phong 


La langue vietnamienne est monosyllabique, mais comporte cinq accents ‘‘phonémiques’’
qu’on peut ajouter à un phonème de base pour exprimer six mots de significations différentes.
Cette constitution rend cette langue très difficile pour les oreilles étrangères, mais elle lui
donne aussi une exquise musicalité : ‘‘Parce que comme si ce peuple naissait avec un organe
bien juste et bien réglé, et dans une parfaite intelligence avec ses poumons, et qu’il fût
naturellement maître de musique, il ne prononce jamais de paroles qu’en les proférant il ne les accompagne de quelques inflexions de voix, et qu’il ne les débite en air, de sorte qu’il est vrai
de dire que de parler et de chanter chez les Tunquinois est une même chose’’ (Giovanni Filippo
de Marini, Relation nouvelle et curieuse du royaume de Tunquin, 1663, p. 171).

Les six sons issus des accents ‘‘phonémiques’’ sont classés en deux groupes :
bằng (B) ou plain, et trắc (T) ou accentué. Et dans cette complexité linguistique, les prosodies
sont très rigoureusement codifiées, et particulièrement dans cette poésie unique très chantante
dite lục bát ou  en ‘‘six huit’’ (pieds alternés), la forme la plus populaire. Les sons y ont des
positions bien déterminées. En outre, cette forme comporte des rimes non seulement aux
extrémités finales (rimes caudales), mais aussi en alternance à l’intérieur des vers (rimes
dorsales). Voici la règle principale des sons et des rimes des ‘‘six huit’’ :

x  B/T  x  T  x  Br1
x  B  x  T  x  Br1  x  Br2
x  B/T  x  T  x  Br2
x  B  x  T  x  Br2  x  Br3
x  B/T  x  T  x  Br3

et ainsi de suite avec Br3, Br4, Br5, etc…

                                                                            
(chacun des mots monosyllabiques comptant pour un pied est représenté
par x : son indifférent ;
B : son bằng ;
T : son trắc ;
B/T : de préférence B, mais T est aussi admis ;
Br1, Br2, Br3, Br4, Br5, etc… : rimes 1, 2, 3, 4, 5, etc… obligatoirement en B).

La citation suivante, parmi les 3254 vers du célèbre roman versifié Kim Vân Kiều
de Nguyễn Du (1766-1820), illustre cette rigueur prosodique :  

Tiếc thay(B) một đóa(T) trà mi(Br1)
Con ong(B) đã mở(T) đường đi(Br1) lối về(Br2)
Một cơn(B) mưa gió(T) nặng nề(Br2)
Thương gì(B) đến ngọc(T) tiếc gì(Br2) đến hương(Br3)
Đêm xuân(B) một giấc(T) mơ màng(Br3)


Traduction :

Regret pour une fleur de camellia
Le bourdon s’y est frayé son va et vient
Ce fut une bourrasque lourde de pluies et de vents
Sans aucun ménagement pour sa perle et son parfum
Une nuit de printemps chargée de cauchemars  

Malgré la complexité de l’exercice, les ‘‘six huit’’ constituent la forme poétique la plus répandue
au Viêt Nam, allant des monumentaux romans versifiés aux nombreuses compositions
populaires d’auteurs anonymes qui ne sont pas toujours des lettrés :
chansons populaires (ca dao), pamphlets satiriques (), en passant par les comptines,
les berceuses et les proverbes.

Mais que vient faire cet article dans notre Lettre consacrée au haïku, diriez-vous ?

C’est pour vous faire découvrir des cousins du haïku que sont les innombrables proverbes
composés de distiques en ‘‘six huit’’ (deux vers de quatorze monosyllabes), dont les
Vietnamiens ont l’habitude d’émailler leurs conversations courantes, comme des références
à la grande sagesse ancestrale et, par conséquent, comme des arguments…irréfutables.
Ils sont aussi souvent chargés d’un humour caractéristique du « rire vietnamien ».   

En voici quelques exemples :   

Ta về ta tắm ao ta,
Dù trong dù đục, ao nhà vẫn hơn.

Rentrons nous baigner dans notre étang,
Qu’il soit limpide ou trouble, notre étang est le meilleur assurément. 

Yêu nhau, mấy núi cũng trèo,
Mấy sông cũng lội, mấy đèo cũng qua.

Quand on aime, peu importent les montagnes à escalader,
Les fleuves à guéer et les cols à traverser. 

Ai ơi, đừng lấy học trò,
Dài lưng tốn vải, hay no lại nằm.

Ô jeunes filles, n’épousez jamais un étudiant lettré,
Son long dos coûte cher en tissu, et une fois rassasié il ne sait que se coucher. 

Chồng thấp mà lấy vợ cao,
Như đôi đũa lệch, so sao cho vừa ?

Un petit homme qui épouse une grande femme,
C’est comme une paire de baguettes inégales, comment pourraient-ils s’appareiller ensemble ? 

Chớ thấy hùm ngủ vuốt râu,
Đến khi hùm dậy đầu lâu chẳng còn.

Ne tire jamais les moustaches du tigre qui dort,
S’il se réveille tu auras vite perdu ta tête de mort.  

G. Dumoutier, Essais sur les Tonkinois, Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoi-Haiphong, 1908, 344 p.

                                                           




Édition n°21, avril 2011.


  
A comme Autre monde
par Jean Le Goff





















Cet autre monde - Richard Wright
Editions La Table Ronde - Avril 2009



           Peut-être ne connaissez-vous pas Richard Wright (1908-1960), considéré comme 
un grand écrivain aux Etats-Unis, connu pour son combat contre la discrimination raciale ?
Homme de couleur, essayiste et romancier, il s'employa à dénoncer la condition faite à ses
frères dans l'Amérique d'avant Martin Luther King.
            Son aura, il la doit à un recueil de nouvelles : « Les Enfants de l'oncle Tom », inspiré
des premières années de sa vie, misérables, au Mississipi, considéré comme l'un des États
les plus racistes du pays à cette époque. L'ouvrage fut publié en 1938 et le rendit célèbre.
Ensuite vinrent deux romans passés eux aussi à la postérité : « Un enfant du pays » puis une autobiographie intitulée « Black Boy » et rendue publique en 1945.  
        
            Richard Wright s'exile en France au cours des dix-huit derniers mois de son existence.
Le 8 juin 1960, de Paris, il fait parvenir à son éditeur new-yorkais un recueil de 817 haïkus ...  « Pendant ma maladie, j'ai fait des expériences avec la forme de poésie japonaise qu'on
appelle haïku ; j'en ai composé près de quatre mille, et maintenant je les passe au crible pour
voir s'ils valent quelque chose », écrit-il.  Le recueil des 817 haïkus se voit opposer le refus de
l'éditeur américain, sans doute peu réceptif à cette autre forme d'expression chez cet auteur
reconnu.            
           Sa mort survient le 28 novembre 1960 à l'âge de cinquante-deux ans et il faudra
attendre trente-huit ans pour voir un nouvel éditeur s'intéresser aux haïkus de Richard Wright.
En France, ce sont les éditions de La Table Ronde qui ont publié ce même recueil en 2009
et dans une présentation bilingue.
          
           Julia Wright, sa fille, revient, en un touchant témoignage sur la genèse de l'ouvrage :
« L'un des derniers souvenirs que j'ai de mon père, au cours de l'été et de l'automne qui
précédèrent sa mort, est son  travail de composition de ces milliers de haïkus. On ne le voyait
jamais sans sa collection de haïkus sous le bras (...) et je me rappelle qu'il en suspendait des
pages et des pages, comme pour les faire sécher, sur de longues tiges de métal tendues à
travers l'étroit coin-bureau de son minuscule studio parisien privé de lumière... »              
            Est-ce le souvenir de l'enfant mort-né sur l'une des terres les plus riches du monde qui
inspire à Richard Wright le premier haïku du recueil ?  Je ne suis personne :Un soleil couchant d'automneM'a laissé sans nom. 
         
           Brièvement, on pourrait s'esclaffer, « cela commence fort ! ». Plus loin, il y a d'autres
poèmes tout aussi bouleversants :  

Quittant le docteur,
Le monde a l'air différent
Ce matin d'automne. 

De la fumée blanche :
Par la cheminée de la veuve
Émerge l'hiver. 

Même les vieux amis
Ont des allures d'étrangers
Sous la première neige.            

             Si la force d'un haïku réside parfois dans le silence qu'il suscite, peut-être
conviendrez-vous avec moi que ceux-là en sont de purs exemples ?            
            Mais ces silences-là ne sont jamais glaçants, la plume de Wright laisse apparaître un formidable appétit de vivre :  

Ce qu'il faut de lune
Pour que le parfum des pommes
Éclaire le verger. 

La ferme en été :
Vingt queues de vaches froufroutent
En chassant les mouches. 

Je laisse aux moineaux
Les fils télégraphiques, après
D'aussi bonnes nouvelles !            

        Et l'auteur réunit autour de lui un immense bestiaire ; outre les vaches, les moineaux,
voici les chats : 

La lame du couteau
Sanglant, léchée par un chat ;
On tue le cochon. 

et puis les escargots ...  

Décide-toi,Escargot !
A demi chez toi,
Et moitié dehors ! 

       mais aussi les serpents, les chevaux, les rats, les araignées, les oies... que je vous invite
à découvrir.             
       A lire cet auteur, on s'imagine très bien au milieu d'une grande plaine à l'ouest du
Mississipi, prendre l'air comme il vient, un transat à la terrasse d'une maison de bois,
une lumière mordorée de fin d'été indien –    

Un été indien
S'en vient couvrir Négreville
De ses tonnes d'or. 

        Au fil des pages on découvre un univers de solitude, à l'écoute des soubresauts de la
nature, sans amertume, ni tension, une sorte de ravissement d'être en phase avec le monde ...  
Elle se dénude,
Durant sept secondes la lune
Effleure ses seins. 

         et puis il y a ces poèmes en forme d'ultimes messages et qui vous touchent d'autant
plus qu'ils peuvent être entendus dans la langue originelle :  

I have lost my way                                                                          
          Je me suis perdu
In a strange town at night –                                                                 
          Dans cette ville étrangère –
A sky of cold stars                                                                         
          Ciel d'étoiles froides.
 

An old lonely man                                                                          
          Un vieil homme seul
Had a long conversation 
          Bavardait sans fin.                                                                
Late one winter night    
          Tard par une nuit d'hiver                                                                               

          Lisez « Cet autre monde » de Richard Wright, tout y est vivant.
 

Haïku - Cet autre monde - Richard Wright -
Ed. La Table RondeIntroduction de Julia Wright – Traduction de Patrick Blanche

Livre disponible en Librairie Haïkouest  –  www.haikouest.net   






E comme Editions

Les derniers livres dans notre Librairie :  
                                                          
A cloche piedTertium Ed.   Chantal Couliou  
                        
Pour apprivoiser le ventS’ Ed.   Chantal Couliou  
   
Derrière les hirondelles Ed. AFH   Danièle Duteil 

Mondes Ed.AFH Danièle Duteil  
     
Papy, conte-nous ta terre lointainePublibook  Dông Phong
                           
Vers de terre d’Armorique Publibook   Dông Phong   

Roue des cinq saisons suivi de Entrée+Plat+dessert Ed. Fraction  R.Halbert

Livres disponibles www.haikouest.net page Librairie 


            


F comme félicitations


à François Jegouadhérent de Haïkouest  
qui, le 15 mars 2011, a obtenu le deuxième prix du 25 concours de haïku organisé par
l’ambassade du Japon à Dakar.   


Tous les flamants roses
Ainsi mon chien à l’arrêt
              Une patte en l’air                        






L  comme Logo… 



        Haïkouest s’est doté d’un logo. Dessin réalisé par Alain Legoin, conseillé par Roland
Halbert durant une année de recherche artistique. Il a été présenté le 26 mars 2011 et a été
adopté à l’unanimité.
         

        Dorénavant, il sera présent en en-tête de lettres, sur tout document Haïkouest et sur les
cartes d’adhérent qui sont en cours d’impression.  




N comme Naissance…


        Nous avons le plaisir de vous faire part de la création d’une nouvelle association :

l’AFAH.  
Association Francophone des Auteurs de Haïbun  




Objet
          Favoriser par tous moyens l’expression et la diffusion du haïbun en langue française
ainsi que la recherche et la réflexion autour de ce genre littéraire.
  
   Siège social
Chez Danièle DUTEIL 211, rue des Fantaisies 1794Rivedoux-Plage   Tél. : 06 81 42 58 49
E-mail : danhaibun@yahoo.fr  

Conseil d’Administration
Danièle Duteil, présidente, Gérard Dumon, trésorier et Michel Duteil, secrétaire puis Meriem
Fresson et Patrick Somprou.
 
      Toute personne intéressée pourra se manifester auprès de la présidente.
      La cotisation annuelle, fixée à 10 €, est à régler par chèque libellé à l’ordre de              
l’A.F.A.H. et à adresser à :
      Gérard Dumon, Trésorier A.F.A.H., 14 rue du Général Sarail, 17450 Fouras.  
     Site (en construction) http://letroitchemin.wifeo.com 

          D’ores et déjà, vous pouvez  faire parvenir vos haïbun et vos suggestions à
       Danièle Duteil danhaibun@yahoo.fr    





P comme Parution…

         A compter de cette édition, La Lettre sera désormais trimestrielle et vous parviendra à la
date du changement de saison. Vous recevrez donc La Lettre22, le mardi 21 juin 2011.
Pour une participation active de la part de nous tous,n’hésitez surtout pas à nous
communiquer une idée, une réflexion, une lecture, un article etc. 
        La Lettre reste toujours à construire autour des objectifs de communication et de partage
qui nous réunissent.  
        Le groupe rédaction : Chantal Couliou, Jean Le Goff, Régine Béber, Alain Legoin.  




R comme Rythmes…

DOCUMENTATION  

Jusqu’en 1873, le Japon suivait le calendrier chinois.

          « Dans le calendrier traditionnel chinois, les signaux de chaque saison, sortes de
repères naturels, sont la traduction de formules où chaque fois se retrouve un rythme commun
à la société des hommes et à l’Univers. Très concrètement, ce calendrier s’anime sur la base
de mutations rythmiques selon la définition de Marcel Granet. Il s’agit de la conjugaison de
remarques sur le comportement de la nature, et d’une division de l’année en douze lunaisons,
avec un mois intercalaire les troisième et cinquième années d’un cycle quinquennal. A chaque
lunaison correspond deux parties elles-mêmes divisées en trois signaux naturels appartenant
en propre à cette période. C’est aux premiers astronomes que l’on doit la trame de ce
calendrier, dont le contenu, c’est-à-dire les évènements naturels liés à chaque saison
– habitudes animales, rites des végétaux, manifestations célestes – est réparti en fonction
de cette classification savante.  

Ce calendrier se présente comme suit :   

DEUXIEME MOIS                                                                            FEVRIER 

Avènement du printemps (4 février) :
— Vent d’Est apporte le dégel
— Rossignol se met à chanter
— Poissons remontent à la surface gelée  

Averses (20 février) :
— Dans le sol revient l’humidité
— Retour des brouillards rampants
— Arbres et plantes bourgeonnent

TROISIEME MOIS                                                                            MARS

Eveil des insectes (6 mars) :
— Cocons d’insectes s’ouvrent
— Pêchers refleurissent
— Chenilles deviennent papillons  

Equinoxe de printemps (21 mars) :
— Moineaux font leur nid
— Cerisiers commencent à fleurir
— Tonnerre donne de la voix  

QUATRIEME MOIS                                                                         AVRIL

Clarté (5 avril) :
— Hirondelles arrivent
— Oies sauvages à nouveau se posent sur les eaux natales
— Premières apparitions de l’Arc-en-ciel  

Pluies nourricières (20 avril) :
— Roseaux se sont mis à pousser
— Fin des gelées blanches, début des semis
— Fleurs de pivoines s’ouvrent   

CINQUIEME MOIS                                                                          MAI

Avènement de l’été (6 mai) :
— Grenouilles commencent à coasser
— Vers de terre apparaissent
— Pousses du bambou sortent  

Premières plénitudes (21 mai) :
— Eveil des vers à soie qui dévorent les feuilles du mûrier
— Fleurs aux teintes pourpres prospèrent
— Saison des blés revient  

SIXIEME MOIS                                                                                 JUIN

Roseaux barbus (6 juin) :
— Retour des mantes religieuses
— Lucioles naissent dans les feuilles
— Fruits du prunier mûrissent

Solstice d’été (21 juin) :
— Simples dépérissent
— Fleurs d’iris s’ouvrent
— Lèvent les dernières semailles  

SEPTIEME MOIS                                                                              JUILLET

Chaleurs légères (7 juillet) :
— Saison des vents tièdes
— Lotus commencent à fleurir
— Dressage du faucon  

Grosses chaleurs (23 juillet) :
— Paulownias fleurissent peu à peu
— Gorgées d’eau sont les terres, moite la chaleur
— De temps en temps, grosses averses  

HUITIEME MOIS                                                                             AOÛT

Avènement de l’automne (8 août) :
— Retour des vents frais
— Cigales chantent
— Brumes épaisses montent et descendent  

Chaleurs s’amenuisent (23 août) :
— Etamines du cotonnier s’ouvrent
— Ciel et terre se refroidissent
— Arbres portent des fruits  

NEUVIEME MOIS                                                                           SEPTEMBRE

Rosée blanche (8 septembre) :
— Rosée blanche sur l’herbe
— Bergeronnette chante
— Hirondelles s’en vont  

Equinoxe d’automne (23 septembre) :
— Voix du tonnerre ne s’entend plus
— Insectes referment leur cocon
— Peu à peu tarissent les eaux  

DIXIEME MOIS                                                                               OCTOBRE

Rosées glacées (8 octobre) :
— Oies sauvages reviennent
— Fleurs de chrysanthèmes s’ouvrent
— Sauterelle est au nid  

Dépôt de gelée blanche (23 octobre) :
— Gelées blanches se déposent
— Brèves averses, par à-coups
— Feuilles d’érable rougissent  

ONZIEME MOIS                                                                              NOVEMBRE

Avènement de l’hiver (7 novembre) :
— Camélias s’épanouissent
— Gel durcit le sol
— Souci des champs exhale son parfum  

Légères chutes de neige (22 novembre) :
— Disparition des arcs-en-ciel qui se cachent 
— Vent du Nord nous fait ramasser les feuilles mortes
— Mandarines prennent des couleurs  

DOUZIEME MOIS                                                                           DECEMBRE

Grosses chutes de neige (7 décembre) :
— Froid le ciel, présent l’hiver
— Dans sa tanière l’ours est blotti
— Saumons se rassemblent  

Solstice d’hiver (22 décembre) :
— L’hiver s’épanouit et dépérit l’été
— Chute des cornes de daims
— Tombe la neige, germe le blé  

PREMIER MOIS                                                                                JANVIER

Froids légers (6 janvier) :
— Simples et cigües prospèrent
— Fontaines gardent un peu de chaleur
— Premiers cris des petits animaux  

Grands froids (20 janvier) :
— Pas d’âne s’épanouissent
— Marais s’assèchent et durcissent
— Oiseaux de basse-cour se mettent à couver  

[…] Il n’est pas indifférent que ce type de calendrier ait pu être très tôt présent au Japon, en accompagnement d’autres éléments de la civilisation chinoise, au moment de l’intense
sinisation de l’archipel entre le IVe et le VIIIe siècle. Les Japonais ont sans doute créé une
partie de leur réceptivité aux phénomènes naturels à travers le prisme de ce calendrier qu’ils
ont fait leur. Mais ces thèmes évocatoires quelque peu officiels n’ont pas empêché
l’accumulation d’expériences spécifiques suffisamment originales pour que, sur le mode
artistique, le poète Sôgi propose déjà en 1563 – dans le « Hakuhatsushû » œuvre publiée
61 ans après sa mort – une fidèle correspondance entre le thème abordé dans un poème
et les circonstances saisonnières de cet acte de création. »

Alain Kervern
                        Extrait de « Malgré le givre » p 91 à 98,  avec son aimable autorisation

 






















Malgré le givre 
Essai sur la permanence du haïku Alain Kervern
Ed. Folle Avoine 1987 




                                        V comme Vietnam…                                                               
par Dông Phong



          Selon leur mythologie, les Vietnamiens descendent de l'union du Roi Dragon et de
l'immortelle Âu Co. 






















Dragon                              ©Dông Phong
Peinture murale au temple de la Montagne de Jade de Hanoi.  



        Le Vietnam est, comme disent d’aucuns, un grand pays de poètes. La poésie y est
appréciée par toutes les couches sociales, des paysans aux professeurs d’université.
Les journaux et les magazines réservent toujours quelques pages aux poèmes.
       La poésie vietnamienne utilise habituellement de nombreuses formes très strictement
codifiées : « six huit » et « double sept six huit » aux rimes dorsales et caudales et aux
positions toniques internes bien définies, prosodie Tang, « nouvelle poésie », etc. La littérature vietnamienne offre par ailleurs des romans versifiés contenant des milliers de vers.

 















Pagode sur Pilier Unique.         ©Dông Phong
L'un des plus anciens monuments de Hanoi (XIè)

 

           Le haïku n’est que d’apparition récente au Vietnam (vers 1971-1972) et se confine principalement dans les milieux universitaires. Cependant, cela n’a pas empêché que, lors du
premier concours organisé en 2007 par le Club Vietnamien du Haïku nouvellement créé, 400 participants ont présenté 4 000 textes.  


         Voici quelques haïkus d’auteurs les plus connustraduits par Dông Phong :  



De Chế Lan Viên (1920-1989) :

Anh chỉ còn một nhúm xương tro trong bình
Em đừng khóc 
Ngoài vườn hoa cỏ mọc   

Je ne suis plus qu’une poignée de cendre dans l’urne
Ne pleure pas petite sœur
Dans le jardin l’herbe continue de pousser  



De Huyền Tri : 
Hoa mai trên cành
làn gió xuân nhẹ
buông mình thong dong  

Des fleurs d’abricotier sur leur branche
dans le vent léger du printemps
s’exposent sereinement

 

De Lưu Đức Trung : 

Uống quả dừa 
Hút đại dương 
vào vũ trụ  

Boire une noix de coco
Aspirer l’océan
vers l’univers  


Em tặng cây si 
Rễ bám từ tim
xuyên hai thế kỷ
 
J’offre un figuier
Ses racines accrochées à mon cœur
ont traversé deux siècles  


Tìm về quán cũ 
nghe bản nhạc xưa 
Cố nhân ngàn trùng
 
Revenir à l’ancienne auberge
et écouter une vieille musique
L’ami d’autrefois est si loin  




V comme Voilà… 


Vingtième et unième édition de « la lettre » pour une participation active de la part
de nous tous : une idée, une réflexion, une lecture, un article etc. « La Lettre » reste
toujours à construire autour des objectifs de communication et de partage qui nous
réunissent. Bonne réception et à bientôt.Très cordialement.
  
         ISSN 2105-097X                                                   haikouest@hotmail.fr



*
 
                    
                    
Rendez-vous sur notre Blog

cliquer ici fulgurance




*
 
 
 
 
 
 
pour recevoir La Lettre complète
merci de vous inscrire
en remplissant le formulaire en haut de page.
 
 
 


Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © Conception et réalisation : Alain Legoin  2011
Site web fourni par  Vistaprint
Site web
fourni par Vistaprint