concours
©Coll. R. Halbert
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©a.l. Haïkouest
les concours
Année 2010
5 concours de haïkus
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CONCOURS n°4
thème
moissons d'été
Envoi de 3 haïkus INEDITS
maximum par personne
Date limite : 21 septembre 2010
Les haïkus en langues régionales :
breton, occitan, gascon, chti, catalan, gallo etc. sont les bienvenus
avec leur traduction en français
Adresses d'envoi:
ou
Haïkouest 1 rue des Hortensias 56120 JOSSELIN - France
Les haïkus présélectionnés (1 par personne)
seront imprimés sur des panneaux cartonnés (1 par haïku signé)
et rassemblés pour la réalisation de l'exposition :
moissons d'été
Les haïkus présélectionnés (1 par personne)
seront réunis dans un livret-mémoire
qui sera le document de présentation
en vente lors des expositions
et salons du livre.
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attention
les résultats du concours
La Reverdie
seront diffusés au mois de septembre 2010
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Résultats du Concours n°1
5e saison Nouvel An
Premier Prix
Marie-Noëlle HÔPITAL
Le pas suspendu
d’un flamant rose transi
... Premières neiges au sud.
Deuxième prix
Francis TUGAYÉ
Au premier matin
de l’année, une lanterne
luit sur le sentier.
Troisième prix
Dominique CHIPOT
nuit de Nouvel An
je marche dans des vignobles
déjà centenaires
Quatrième prix
Patrick FETU
Premier de l'an neuf
mes genoux le sont bien moins
seulement des slows !
Cinquième prix
Thierry POUCET
Alamanach tout neuf
aucun souvenir
des résolutions d'antan
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QUELQUES RAISONS
D’UN CHOIX
Le pas suspendu
d'un flamant rose transi
... Premières neiges au sud.
Ce qui a séduit le jury dans ce haïku de Marie-Noëlle Hôpital, c’est son art de la suggestion. Quelqu’un a dit que les pensées justes arrivent sur des pas de colombe. Il en est de même en poésie : les plus beaux poèmes surviennent avec une discrétion d’oiseau. Ce haïku sait ne pas en dire trop – et ne pas parler trop fort non plus – à propos de la « cinquième saison-Nouvel An ». Ici, aucun personnage humain dans le paysage hivernal, mais seulement la silhouette d’un échassier qui, saisi dans sa posture particulière, vient suggérer le « pas suspendu » de la nouvelle année et toute sa réserve d’avenir… Deux détails accusent, sans rien forcer, le relief singulier de cet instantané méditerranéen : le flamant rose est un animal grégaire, mais ici, il apparaît solitaire ; et la neige, qui est n’est pas fréquente sous ces latitudes, se manifeste comme premier événement. Ce poème fait penser – c’est un compliment ! – au haïku de Yamaguchi Sodô, intime de Bashô :
Un aigle est posé
sur l’étendue enneigée
de l’année nouvelle. (Trad. R.H.)
Dans le haïku de Marie-Noëlle Hôpital, tout concourt sur le plan formel à sa réussite : la proposition clairement elliptique (absence de verbe) et le souple enjambement de la première à la deuxième mesure (« Le pas suspendu -----› d’un flamant ») qui servent bien le thème et le tempo du poème ; la ponctuation en place, comme on dit en musique : ces trois points de suspension (justement !), disposés de façon judicieuse en tête de troisième séquence, qui font office de pause tout en assurant une liaison délicate (la remarque du nouvelliste vaut aussi pour le haïkiste : « Aucun fer ne peut transpercer et glacer le coeur humain avec autant de force qu’un point au bon endroit. ») ; le 5-7-5 qui n’apparaît pas comme une coquille rigide et vide, mais semble d’ordre respiratoire et fournit un tremplin rythmique, condensant et impulsant l’émotion saisonnière ; la dernière mesure du haïku :
« … Premières neiges au sud » qui peut s’entendre soit en 5 syllabes (lecture avec élision des « e »), soit en 7 syllabes (sans élision en prosodie stricte) ; le mot de saison « premières neiges » qui vient en toute fin pour situer et éclairer cet instant distinct. Ce kigo renvoie au Hatsu yuki ya « Ah ! les premières neiges », fréquent chez les haïkistes (Issa, par exemple), mais il est ici revisité par la précision : « au sud », indiquant non pas la région, mais le point cardinal, ce qui introduit un éclat de belle venue. Remarquable hasard (rencontre ?) linguistique : le mot « flamant » – qui est dérivé de « flamme » – a été emprunté par la langue française au provençal ! Enfin, la musicalité du verset qui sonne discrètement, sans surligner sa mélodie : le jeu des consonnes bilabiales « p » et des sifflantes « s », le triple écho des voyelles nasales « an/en» [ã] (si difficiles à faire chanter en français !) ainsi que la palette des couleurs et des sensations : le rose du flamant sur le blanc de la neige, l’alliance de la « flamme » et du froid donnent à cette scène une touche contrastée qui rend la vie avec justesse. C’est l’équivalent poétique de ce que les peintres appellent le ton vivant. Couleur du Temps et résonance ? Ce haïku, dans sa thématique subtile comme dans son fin métal sonore, évoque ce vers aigu, délié et suspendu que signe Schehadé :
Tout passe comme si j’étais l’oiseau immobile
Félicitations à Marie-Noëlle Hôpital, qui est – on l’aura compris – une haïkiste confirmée !
Roland Halbert, président du jury.
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191 haïkus reçus
merci aux 68 participants
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Résultats du Concours n°2
Mots d'hiver
Premier Prix :
Marie RICHARD
L’âne solitaire
philosophe au fond du pré
flocons sur les cils.
Deuxième prix :
Monique MÉRABET
Dos au radiateur –
ma cheminée occupée
par le mistral
Troisième prix :
Marie NÉPOTE
Astre éteint d’hiver :
aux branches des peupliers…
la touffe de gui.
Quatrième prix :
Frans TERRYN
Au coin du feu
je lis le journal intime
de ma fille morte.
Cinquième prix :
Anne KOCH
vent glacé -
la mouette presse le pas
devant l'emballage
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QUELQUES RAISONS
D’UN CHOIX
L’âne
solitaire philosophe
au fond du pré
flocons
sur les cils. (Marie
Richard)
C’est encore une femme qui remporte le
prix Haïkouest ; cette fois-ci, sur le thème de l’hiver. Bravo à Marie
Richard (de Lamballe 22) !
Le jury a apprécié cette scène tout en discrète suggestion (un
photographe
serait-il capable de saisir pareil instant ?). Exprimée dans un verset
au
souffle naturel (métrique justement intégrée) et à la patine sonore
réussie
(allitérations en « f » et assonances en « on »), elle
évoque un détail irrécusable du quotidien : ce simple et
seul animal au
cœur d’un paysage d’hiver (la saison doucement insinuée par le mot
« flocons » dans l’art du gros plan arrêtésurl’œil
de l’âne
philosophe). Humble et sensible philosophie de la vie.
Nous croyons le reconnaître, n’est-ce
pas, cet âne au fond du pré (fine
trouvaille spatiale) ? Il n’est pas seulement le frère de l’âne musicien
« qui vièle » sur les chapiteaux romans ou du Cadichon de la comtesse
de Ségur ou encore de l’âne « Culotte » de Henri Bosco (on habillait
les ânes de culottes pour les protéger des piqûres d’insectes), c’est
aussi le
bourricot – disgracié – d’une campagne apparemment sans charme ou bien
celui de
notre enfance cabossée :
Hi-han, hi-han,
Le p’tit âne à Jean Durand,
Qui a des souliers d’argent…,
chante
en nous la comptine à longue mémoire (comme l’âne lui-même). Et l’âne
songeur
semble aussi sorti de la prairie sans tapage de Francis Jammes qui, on
s’en
souvient, savait parler à ces animaux en termes choisis :
[…] Venez, doux amis du ciel bleu
Pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement
d’oreille,
Chassez les mouches plates, les coups, les abeilles…
À
moins qu’il ne se soit échappé de cette crèche simple et subtile que
sont les Poésies IV de Georges Schehadé :
Un âne venait de la patrie des tableaux
Voilà,
c’est sans doute de ce pays intérieur au relief légendaire et intemporel
–
contrée juste, dense, plastique et musicale de la « beauté élégante »
(yûgen) comme un cil de sensations –
que nous arrive cet âne solitaire, muet et qui n’en pense pas moins…
Pour quelles raisons encore le jury
a-t-il couronné ce haïku et ceux des quatre autres lauréats ? Parce que,
comme le dit Kyoraï, disciple de Bashô,
(merci de peser et méditer
chacun des dix
adjectifs qui suivent) :
« On
tient pour bon que le corps du verset soit
neuf,
léger,
certain,
consistant,
serein,
doux,
ferme,
intelligible,
évocateur,
rapide. »
Tout
est dit.
L’âne
silencieux (j’aimerais qu’il soit la figure même – volontairement
effacée – de
tout haïkiste) le sait mieux que personne. Hi-han, hi-han, le p’tit âne à
Jean
Durand, qui sous la plume de Marie Richard, a des souliers neufs,
légers,
certains, consistants, sereins et ainsi de suite…
Roland Halbert,
président du jury
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200 haïkus reçus
merci aux 69 participants
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Commandez dès à présent à Haïkouest
les livrets :
Vers la cinquième saison
Mots d'hiver
qui rassemble tous les haïkus qui seront exposés
10
€ (frais d’envoi compris)
Merci de bien vouloir faire parvenir un chèque à l’ordre de
Haïkouest,
par courrier postal, à l’adresse suivante :
Haïkouest 1 rue des Hortensias 56120 Josselin
FRANCE
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