Haïkouest - l'abcde ... du haïku contemporain
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
      © Coll. R. Halbert
 
 
 
 
 
Entre deux rires
Le regard partage l'instant
Souffle en caresses
 
 
Elle donne le pas
Il fait chemin de ses mains
Coeurs battant là
 
 
Il soutient l'ombre
La source d'elle colorise
Oeil en ciel du temps
 
Philippe VALLET
 
 
Un très gros cartable
à l'oral de l'examen
une petite note
 
 
Maître débridé
les vacances en ligne de mire
pour coincer la bulle
 
 
Envoi de haïkus
écriture sans visage
Rendez-vous manqué
 
M.O.GEORGET
 
 
Sur la mappemonde
pas trace de mon village!
Le monde est un trou
 
 
Superbe nana
qui jardine en bikini...
- Je prends un râteau !
 
 
Pendant que j'attends le train,
l'épervier très haut ...
L'heure est éternelle!
 
Roland Halbert
 
 
vingt et un canards
à la frange des vagues
des vers au menu
 
sur le transat
au-dessus de ma tête
toujours la guêpe
 
respirer
la couleur de l'algue
parfois
 
alain legoin
 
 
Flammèches vert-bleu
gracieuses libellules
Je cligne des yeux
 
 
Banlieues d'orages
Voies chaudes sans issue
sans éclairs compulsifs
 
 
Soixante balais en sacs
un aspirateur au placard
La vie
 
Choupie
 
 
Nul n'empêchera
l'eau captive de trouver
la voie pour jaillir.
 
 
Matin en terrasse,
ombre fraîche, petit noir
me brûlant les doigts.
 
 
Mon réveille-matin:
aiguilles de becs ouverts
pour siffler la diane.
 
Marie Nepote
 
 
Revoir sa carcasse
enjamber la Loire
Ah! le transbordeur
 
 
Beffroi de Sainte-Croix
l'heure sonne
je glisse sur les pavés
 
 
Devant Decré
au coin du mur
la Bigoudène et ses dentelles
 
 
Choupie
 
 
Sa mère est morte
elle peut planter des violettes
sur la tombe
 
 
Elle est devenue
un nom propre sur une pierre
Nous sommes dans sa maison
 
 
J'aime entendre
l'allemand, le danois, les corbeaux
parler étranger
 
 
Jean Antonini
 
 
le gland et le chêne
Alice et Mamée se parlent
le mot et la langue
 
 
parole transmise
secrète alliance pour
que l'esprit se lève
 
 
 
n'est pas qui se croit
érudit ou vénéré
celui qui enseigne
 
 
Odile Linard
 
 
Le pas ourlé du loup
J'attends la seconde lune
De semences
 
 
L'espace d'une vague
à l'océan me voici perdu
Braises bleues
 
 
Les dieux manquent
Des yeux d'enfants la fleur
une rose sauvage
 
 
Philippe Vallet
 
 
- Frisson automnal -
le cerisier se dénude
elle enfile sa robe
 
 
les feuilles volètent
et tombent sur mes cheveux gris
sale coup de l'automne
 
 
Dans cet arbre nu
architecture sauvage
-une cabane-
 
 
Marie-Odile Georget
 
 
ventre à ventre
elles vont au fil de l'eau
les canes homo
 
 
un paon-du-jour
ne rencontrera jamais
une pipistrelle de nuit
 
 
sur l'eau une plume
veut rattraper son oiseau
migration d'automne
 
 
Michel Bertrand
 
 
Ombre dans la brume
sa cruche sur l'épaule
la porteuse d'eau.
 
 
Au bruit de l'eau
le jour se lève
la porteuse d'eau.
 
 
Trace humide sur la pierre nue
elle est passée
la porteuse d'eau
 
 
Jean-Paul Segond
 
 
le poids des années
sur le tronc et les branches
du bonsaï
 
 
le souffle du vent
dans mon sommeil tourmenté,
je chemine encore ...
 
 
devant -
les jours s'égrennent
encore - et encore
 
 
Marie-Jeanne Sakhinis/De Meis
 
 
kirikikiri !!!
le coq alsacien s'enroue 
dans le vent du soir
 
Danièle
 
cocorico!-
tout près des coquelicots
le coq audacieux
 
a.l.
 
les pieds dans la bouse
il chante encore
le coq!
 
jean paul
 
promenade
le poète  en cueillette
éclat des fleurs
 
nicole
 
Changement d'heure -
Se prend pour un coq
le chien du voisin !
 
Lydia
 
heure ducouchant
devantlecielcramoisi
deuxcoqsse répondent  
 
Danièle
 
au lever le coq
à la fin de ma douche
le coq encore
 
   a.l.
 
Le coq du voisin
lui voler dans les plumes
été comme hiver
MOG
 
La nuit amputée
d'une heure. Ouf ! les jours
ne sont pas en danger
 
            Jean Le Goff
 
Je n'ai pas compté
les coups de cloche : je vois ...
la couleur du ciel.
 
Marie
 
le coq du voisin
ne connait que l'heure d'été
nuit sans sommeil
 
Michel Bertrand
 
un bol de thé vert
entre deux calligraphies
le coeur pur
 
Nicole
 
Éveil difficile,
je cherche le ciel, au fond ...
de mon bol de thé.
 
Marie
 
Haïkus échangés
comme des rayons de lune
à travers les nuages
 
               Jean Le Goff
 
Banquise décroissante
J'ai une yourte
Le ciel par le trou
 
Choupie
 
Réchauffement climatique ?
                     j'achète un iglou...
                                 On ne sait jamais !
 
Roland, 28.III.2009
 
 
En blanche salive
Les galets plats chuintent sur la mer
Et plouf....au fond.
 
Choupie
 
L'internet des Bêtes
Ma souris sur son tapis
pour  la chasse au chat !
 
Le chat n’en sait rien !
La souris d’ordinateur
fait la chasse au chat
 
martine
 
d'un dièse solaire !
          la lumière monte au ciel 
                                 A l'heure d'été
 
Roland, 28.III. 2009
 
                                   Et, dehors, le ciel !
          le plafond est toujours là...
Salle de réveil :
 
Roland., 28.III.2009
 
 
Etrange et vaine
la plume dessine un rêve
tel un cocon d'argile
 
                    Jean Le Goff
 
 
 
Evanouissement-
elle se retient de tomber
au bras du manchot
 
MOG
 
soleil dans les yeux
 à l'aller comme au retour
 pique nique réussi
 
 "I'm a gigolo !"
 laver la vaisselle
 en rythme 
  
les jonquilles
une vie nettement moins longue
dans un vase
 
a.l.
 
 
pelouse à ras
une taupe s'y est invitée
volcans d'auvergne!
 
peu d'eau cet hiver
vous entrez en récession
grenouilles et tétards
 
il a rêvé tout l'hiver
à son ami l'hirondelle
le bourgeon du pommier
 
Michel BERTRAND
 
 
 
 
Fenêtres aveugles
et le ciel, lourd, s'est grisé
de mélancolies
 
      Jean Le Goff
 
 
 
Le printemps bafouille
                un peu : c'est qu'il n'a pas, lui,
                          de prompteur à lire !
 
 
Roland, 25.III.2009
 
bambous aigus
Distillent la pluie
Somnolence de la terre
 
 
Bien plus gracieuse
Que mes formats suspendus
Toile d'araignée.
 
 
Première plantation
Dans le jardin frais bêché
Chat défèque.
 
Choupie
 
sentier forestier
le sabot du cheval frôle
une campanule
 
                                        Danièle
 
 
sur le radiateur
des graines de palmiers germent -
elle a le bourdon
 
 
Danièle
 
 
Parc zoologique
 
Savant
il discourt pour elle
Les paons font la roue
 
martine MC
 
 
Le bourdon Il cherche
bourdonne qui n'est pas née
Alors vite ophrys
 
martine MC
 
L'averse cesse
l'eau s'égoutte de mon nez
je mouche les feuilles
 
Choupie
 
enfin mon vieil arbre
s'étoffe d'un halo vert,
ce printemps encore!
 
Marie
 
A la pointe de son vol,
                 l'hirondelle aiguise
                                    un départ d'ogive.
 
R.H. 15 IV 09
 
Cloître du silence
Sur les flèches un ange passe
après les oiseaux
 
Au berceau des mains
beauté à ressusciter
rêve caressé
 
Martine M.C.
 
Martinet succint
               dans la bouche de ton cri
                                        un jardin surgit
 
Le martinet parle:
          "Je lance en l'air mon silex"
                                la saison s'allume!"
 
R.H. 16 IV 09
 
Ciel d'encre et de feu
deux martinets fouettent l'air
au ras des algues
 
Danièle
 
L'hirondelle seule
ne peut faire le printemps
Et un martinet ?
 
Martine M.C.
 
 
Flashée à 200 à l'heure
                sur l'autoroute du ciel,
                                          l'hirondelle
 
Roland, 16 IV 2009
 
 
Voler droit devant
Martinets en formation
Et...PAF la mouche !
 
Michel
 
les jours diminuent
que le coq chante plus fort
s'il veut me lever
 
 
le froid entre en moi
mon feu lentement pâlit
automne ou vieillesse?
 
 
ce livre d'automne
un sanglot pour chaque feuille
et fais ton chemin
 
 
Annick Dandeville
 
 
Battement de cil
qu'une larme traverse
quelques soirs d'été
 
 
Mes rêves fuyaient
tous ces champs de liberté
et ma mémoire
 
 
Le lever du jour
appâtait mes rêves bleus
et tous mes hivers
 
 
Sylvie Forveille
 
 
qu'il est rouge!
ce papier abandonné
dans l'herbe tendre
 
 
berge ensoleillée
le pêcheur et son reflet
... immobiles
 
 
dans le vase ...
je n'aurais jamais dû cueillir
le liseron blanc
 
 
Nicole Meignen
 
 
sur mon journal
un gros bourdon se pose
quelle nouvelle!
 
 
pas d'heure
la tête au milieu du foin
pour les poneys
 
 
le dé sous le lit
heureusement pour un six
mes deux reins bloqués
 
 
alain legoin
 
 
plaisir en terrasse
la coccinelle sur mon doigt
ne s'envole pas
 
 
le vent ne sait pas
oh combien il m'aide parfois
à tourner mes pages
 
 
le panier est plein
des jours jetés chaque jour
de l'éphéméride
 
 
alain legoin
 
 
Il parle italien
Je lui réponds en français
Nous nous comprenons
 
 
Il parle au portable
boit un deuxième coca
en mangeant ses pâtes
 
 
La mousse et les herbes
Victoire du végétal
sur la forteresse
 
 
Martine Morillon-Carreau
 
 
pommiers  et poiriers
s'amusent en automne
d'un ballet d'ajoncs
 
Michel Bertrand
 
 
Déjà la nuit -
moi seule dans la rue
avec la lune
 
Lydia Padellec
 
 
après le tee-shirt
voici le couteau "haïku"
vive la boutique
 
Odile Linard
 
 
Dans le catalogue :
"Couteau de cuisine HAÏKU"
Je n'invente rien. Je coupe !
 
Roland Halbert, 3 XI 2009
 
 
Surfer sur Internet -
reflet de l'écran
dans le bouton de sa veste
 
Lydia Padellec
 
 
Premiers vents d'automne
tous les jours, les feuilles chutent
Mamie-Plus*, aussi
 
Yvette Lehre
* arrière-grand-mère
 
silence et sentier
harmonie immémoriale
sous le bulldozer
          
Odile Linard
            
 
La nuit profonde -
l'écran d'ordinateur
me renvoie sa lumière
 
Lydia Padellec
 
 
vallon éventré
vomi de tripes à l'air
le souffle coupé
 
 
le chaos des mots
dévastation du langage
une plaie ouverte
 
 
Odile Linard
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Archiv'haïkus
 
 
 
 
*
 
 
 
 
sont encore debout
du toit de la pauvre ruine
les deux chiens-assis
 
odile
 
Perdu sans collier
Tous les loups sont-ils permis
entre chien et coups
 
Martine
 
Le releveur de compteur
va bientôt passer...
Mon chien rêve de mollets.
 
Roland, 2 XI 2009
 
 
le cal des saisons
sur le manche de la pelle
polit l'éternel
 
odile
 
 
oh ! douceur d'été
les brillances de Noël
fin octobre
 
nicole
 
 
                               accrochent l'Etoile !
           - le bras tendu vers le ciel -
Les chariots élévateurs
 
Roland 30 X 2009
 
 
des fleurs à la mer
pour se faire pardonner
elle lèche mes pieds
 
odile
 
 
cocons dans les pins,
de fil en aiguille vont
les pro-ces-sion-naires !
 
Marie
 
 
le canal à sec
et ses vaseuses carcasses
puent la mort fatale
 
a.l.
 
 
J’allais embrasser
le chêne — fougueusement —
Ah ! mais, l’araignée ... !
 
Marie
 
 
Douceur d'octobre..
le chat sur la table
ne pas en faire tout un plat !
 
Yvette
 
 
Voix de muezzin,
dans la brume matinale,
montent à Santa Cruz
 
Yvette
(Chapelle de la Vierge de Santa Cruz
lieu de pélerinage dominant la baie d'oran)
 
 
coin coin le canard
est tout seul dans son coin coin
à me regarder
 
a.l.
 
 
brouta l'olifant
du fier paladin Roland
qui se mit à braire  
 
odile
 
 
                  Hi-han, hi-han, hi !
      je suis l'âne du haïku :
          donnez-moi du foin sonore.
 
Roland, 23 X 2009 av. J.-C.
 
 
ce soir sur le sol
la mouche  finit son agonie
grand silence
 
nicole
 
zz   zz   fait la mouche
            j'ai posé sur ton papier
                              trois points sur les i
 
Annick
 
 
ça y est enfin
j'ai vu le petit lapin
chez moi dans le parc
 
a.l.
 
 
implorant regard
du chien coi sur le tapis
de bogues ouvertes
 
a.l.
 
 
Au tri sélectif d’octobre
            l’abeille cherche un soleil
                      sans date de péremption.
 
Roland, 23 X 2009 avant J.-C.
 
 
les feux de l'automne
rouge-ardent et cramoisi
provisions de braises
 
odile
 
 
La voix des grenouilles
bourdon sous le soprano
des dernières mouches 
 
Annick
 
 
Si c'était le rouge-gorge
                              qui a passé au minium
le sorbier des oiseleurs ? !
 
Roland, 22 X 2209
 
 
La pomme tombée
Guère envie de la voler
au frelon foreur
 
martine
 
 
 randonnée d'automne
un sentier sous le pommier
 la longue épluchure
 
 odile
 
 
                          Bruine sur la ville
                 - et ce manque qui m'emplit -
           Ecrire le sable
 
Annick
 
 
              Saison en nougat
                   - sans colorant ajouté
                              ni conservateur !
 
Roland, 21 X 2009
 
 
Ciel de pluie
rouge comme l'érable
la gorge de l'oiseau
 
Lydia
 
 
terre crevassée
de grosses gouttes de pluie
sèchent en tombant
 
Danièle
 
 
le rouge-gorge
à l'automne de l'arbre
couleurs de feuilles
 
a.l.
 
 
Les nuages déversent 
peut-être que la nuit suscitera
des bruits de lune ?
   
Jean
 
 
parfum automnal
un fumet de champignons
mais pas la queue d'un
 
Danièle
 
 
Derrière la vitre
A quoi peut penser le chat ?
-pluie d'automne-
 
Marie Odile Georget
 
 
Dîner copieux
constellations d'anecdotes
au bar à vin
 
Jean
 
 
déjeuner frugal
un seul croissant de lumière
au point du jour
 
Danièle
 
 
Non-lieu garanti :
réquisitoire écrit à ...
l’encre sympathique !
 
Marie
 
 
Vent d'automne
elle passe devant moi
la feuille morte
 
Lydia
 
 
la feuille morte
me rejoint et me dépasse
mes cheveux au vent
 
a.l.
 
 
excès de zèle -
juste avant le radar
la faucheuse en arrêt
 
a.l.
 
 
sur l'autoroute
"voie gauche neutralisée"
même là !
 
a.l.
 
 
Un lézard frileux,                         
          plus plat que mon portefeuille,
                 se chauffe aux derniers soleils. 
 
                     Roland, 19 X 2009
 
 
 Soleil théâtral
    dans le sous bois
    on joue "l'automne".
 
Jean-Paul
 
 
ne peut pas s'écrire
la brutale éructation
après son coca
 
a.l.
 
 
gravé dans le ciel
rien  nuages  air   oiseaux  rien
pas de ligne 3
 
 
au centre du vide
un peu à gauche ou à droite
jeter un caillou
 
 
Loi des branches
les courants d'air électrique
se conservent
 
 
Jean ANTONINI
 
 
jouir sur le billard
ne me quitte pas
dans le juke-box
 
 
elle est à moitié nue
il promène ses doigts
avec pudeur
 
 
elle se dérobe
d'un mouvement glissant
jarretelles noires
 
 
Geert VERBEKE
 
 
du haut de ce cyprès
un jeune merle se confond
en commérages
 
 
sans un nuage
le ciel s'ennuie
d'être aussi pur
 
 
brebis affolée
sous les fracas d'un ciel
qui ne déverse rien
 
 
Jean LE GOFF
 
 
 
au tronc du peuplier
un lierre et un escargot
en escalade
 
 
debout à la fenêtre -
dans les branches du saule
l'humeur du vent
 
 
au vent du soir
le forsythia cède une fleur
...de temps à autre
 
 
Damien GABRIELS
 
 
extraits de Zenza,
                      
le vent se lève
elle joue sa flûte traversière
deux voix rauques
 
 
elle prend un balai
et balaie la terrasse
les fleurs tombent
 
 
jardin éclairé
avec des flambeaux
elle esquisse
 
 
Geert VERBEKE
 
 
Souvenirs d'hiver,
sur les arbres nus encore
les nids délaissés.
 
 
Dominant la foule
grosse tête en carton danse ...
à petits pas d'homme.
 
 
Sur son char branlant
la reine poursuit son rêve
de prince charmant
 
 
Marie NEPOTE
 
 
du bleu aux yeux
avant de valser
pieds nus
 
toujours une mouette
sur la tête de l'Amiral
Duperré
 
la bogue verte
à une seconde près
sur ma tête
 
alain legoin
 
 
Avion dans le ciel bleu
Longue traînée blanche                
Le vent balai devant sa porte
 
 
Clocher élancé
Pointé vers le ciel                         
Veut-il nous montrer Dieu ?
 
 
Cupidon d’amour
Arc-en-ciel                                  
Flèche en plein cœur
 
 
Bernard CADORET
 
 
Un renard cette nuit
a mangé la vieille poule
le coq est bien gai
 
 
Bruits de plumes
chuintements de sous-bois
noce de chouettes
 
 
cerisiers tout blancs
vivement qu'ils soient rouges
dit un merle noir
 
Michel BERTRAND
 
 
L'oeil s'est figé
sur le brûlot d'un rire
de la gargouille
 
 
Lueur printanière
concerto pour violons
mes songes à la fenêtre
 
 
Au loin mille chevaux
le bruit des vagues
comme un mirage
 
 
Jean LE GOFF
 
 
près de la cabane
la menthe a tout envahi
bêche abandonnée
 
 
matin parfumé
le chèvrefeuille contourne
le cadran solaire
 
 
l'ombre d'une branche
sur le volet qui s'écaille
un oiseau pépie
 
 
Danièle DUTEIL
 
 
Parade amoureuse:
Merlette fuit... pas trop vite:
ne pas le semer.
 
 
Ce matin d'été
terrasse fraîche arrosée
petit noir brûlant
 
 
 
- écrit lors de la visite de l'exposition "Beautés divines" de Morita Rieko à l'Espace des Arts Mitsukoshi Etril (3 rue de Tilsih-Paris)
 
"voile printanier":
les grappes en mauve pâle
des glycines mûres.
 
 
Marie
 
 
bateaux bien ancrés
une fenêtre entrouverte
à l'hôtel du port
 
 
forêts de mâts
le bassin de son enfance
méconnaissable
 
 
dans le coquillage
tous les parfums de la mer
la plage érodée
 
 
Danièle Duteil
 
 
sa main attend
près des abricots
le départ de maman
 
 
l'amour fou
dans un lit
de deux mètres
 
 
bijou chou caillou
prennent un "x" au pluriel
certains films aussi
 
 
alain legoin
 
 
au soleil l'été
la chaise longue au jardin
miel et figue chaude
 
 
la sieste au soleil
sous les bambous frissonnant
envie de bois dur
 
 
jour de canicule
mes lèvres rêvent de boire
suave liqueur
 
 
Yvette Lehre
 
 
Le coq a trop chanté
toute crête rougie
a fini rôti
 
 
Le talus au soleil
s'est vu tout cramoisi
de coquelicots
 
 
Quant à moi sans m'exposer
en te voyant
je me suis empourprée
 
Choupie
 
 
Laboureur, sueur au front
Perles de culture
Gouttent dans le sillon.
 
 
Ferronnier d'art
Bat le fer
   Tout est art et savoir-faire.
 
 
Peintre d'un été
Sueur sur la toile
         Goutte à goutte il peint à l'eau
 
 
Bernard Cadoret
 
 
Réveil sans réveil,
par la fenêtre: du bleu!
vacances de rêves ...
 
 
La sieste au soleil
Nous sommes deux en terrasse
Le lézard et moi
 
 
Se lever très tôt
Pour que dure cette vacance
J'entends le grillon
 
 
Yvette Lehre
 
 
triant les dossiers -
un oiseau égaré ouvre
une parenthèse
 
à la queue leu leu
sur l'autoroute de l'Ouest
arbres géants nus
 
face à l'abbatiale
le soleil
un peu voilé
 
Danièle Duteil
 
 
Matin sous la couette -
au bruit de circulation
ses ronflements
 
 Lydia Padellec
 
 
c'est bien le pommier
qui a caché ses feuilles
au coin du jardin
 
Michel Bertrand
 
 
Océan si froid -
la caresse de l'algue
entre mes cuisses
 
Lydia Padellec
 
 
Si la tempête faiblit
redresse-toi
regarde au loin
 
Choupie Moysan
 
 
Nuit froide -
mon voisin chante à tue-tête
je croque mon kaki
 
Lydia Padellec
 
 
Le sel te piquera les yeux
tant mieux
Les images sont en toi
 
 Choupie Moysan
 
 
sous un châtaignier
un hérisson étonné
de tant d'héritiers
 
Michel Bertrand
 
 
Planté en terrain mou
le riz fait récolte
la pensée idem
  
Choupie Moysan
 
 
Seule dans ma chambre
j'écoute Diana Krall -
blue moon... blue night   
 
Lydia Padellec
 
 
"...près de toi, Seigneur",
les corneilles se chamaillent
autour du clocher
 
Annick Dandeville
 
Si rares à fleurir
on les sent plus parfumées
les roses d'octobre
 
Martine Morillon-Carreau
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © Conception et réalisation : Alain Legoin et Roland Halbert - 2009
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