Archiv'haïkus
*
sont encore debout
du toit de la pauvre ruine
les deux chiens-assis
odile
Perdu sans collier
Tous les loups sont-ils permis
entre chien et coups
Martine
Le releveur de compteur
va bientôt passer...
Mon chien rêve de mollets.
Roland, 2 XI 2009
le cal des saisons
sur le manche de la pelle
polit l'éternel
odile
oh ! douceur d'été
les brillances de Noël
fin octobre
nicole
accrochent l'Etoile !
- le bras tendu vers le ciel -
Les chariots élévateurs
Roland 30 X 2009
des fleurs à la mer
pour se faire pardonner
elle lèche mes pieds
odile
cocons dans les pins,
de fil en aiguille vont
les pro-ces-sion-naires !
Marie
le canal à sec
et ses vaseuses carcasses
puent la mort fatale
a.l.
J’allais embrasser
le chêne — fougueusement —
Ah ! mais, l’araignée ... !
Marie
Douceur d'octobre..
le chat sur la table
ne pas en faire tout un plat !
Yvette
Voix de muezzin,
dans la brume matinale,
montent à Santa Cruz
Yvette
(Chapelle de la Vierge de Santa Cruz
lieu de pélerinage dominant la baie d'oran)
coin coin le canard
est tout seul dans son coin coin
à me regarder
a.l.
brouta l'olifant
du fier paladin Roland
qui se mit à braire
odile
Hi-han, hi-han, hi !
je suis l'âne du haïku :
donnez-moi du foin sonore.
Roland, 23 X 2009 av. J.-C.
ce soir sur le sol
la mouche finit son agonie
grand silence
nicole
zz zz fait la mouche
j'ai posé sur ton papier
trois points sur les i
Annick
ça y est enfin
j'ai vu le petit lapin
chez moi dans le parc
a.l.
implorant regard
du chien coi sur le tapis
de bogues ouvertes
a.l.
Au tri sélectif d’octobre
l’abeille cherche un soleil
sans date de péremption.
Roland, 23 X 2009 avant J.-C.
les feux de l'automne
rouge-ardent et cramoisi
provisions de braises
odile
La voix des grenouilles
bourdon sous le soprano
des dernières mouches
Annick
Si c'était le rouge-gorge
qui a passé au minium
le sorbier des oiseleurs ? !
Roland, 22 X 2209
La pomme tombée
Guère envie de la voler
au frelon foreur
martine
randonnée d'automne
un sentier sous le pommier
la longue épluchure
odile
Bruine sur la ville
- et ce manque qui m'emplit -
Ecrire le sable
Annick
Saison en nougat
- sans colorant ajouté
ni conservateur !
Roland, 21 X 2009
Ciel de pluie
rouge comme l'érable
la gorge de l'oiseau
Lydia
terre crevassée
de grosses gouttes de pluie
sèchent en tombant
Danièle
le rouge-gorge
à l'automne de l'arbre
couleurs de feuilles
a.l.
Les nuages déversent
peut-être que la nuit suscitera
des bruits de lune ?
Jean
parfum automnal
un fumet de champignons
mais pas la queue d'un
Danièle
Derrière la vitre
A quoi peut penser le chat ?
-pluie d'automne-
Marie Odile Georget
Dîner copieux
constellations d'anecdotes
au bar à vin
Jean
déjeuner frugal
un seul croissant de lumière
au point du jour
Danièle
Non-lieu garanti :
réquisitoire écrit à ...
l’encre sympathique !
Marie
Vent d'automne
elle passe devant moi
la feuille morte
Lydia
la feuille morte
me rejoint et me dépasse
mes cheveux au vent
a.l.
excès de zèle -
juste avant le radar
la faucheuse en arrêt
a.l.
sur l'autoroute
"voie gauche neutralisée"
même là !
a.l.
Un lézard frileux,
plus plat que mon portefeuille,
se chauffe aux derniers soleils.
Roland, 19 X 2009
Soleil théâtral
dans le sous bois
on joue "l'automne".
Jean-Paul
ne peut pas s'écrire
la brutale éructation
après son coca
a.l.
gravé dans le ciel
rien nuages air oiseaux rien
pas de ligne 3
au centre du vide
un peu à gauche ou à droite
jeter un caillou
Loi des branches
les courants d'air électrique
se conservent
Jean ANTONINI
jouir sur le billard
ne me quitte pas
dans le juke-box
elle est à moitié nue
il promène ses doigts
avec pudeur
elle se dérobe
d'un mouvement glissant
jarretelles noires
Geert VERBEKE
du haut de ce cyprès
un jeune merle se confond
en commérages
sans un nuage
le ciel s'ennuie
d'être aussi pur
brebis affolée
sous les fracas d'un ciel
qui ne déverse rien
Jean LE GOFF
au tronc du peuplier
un lierre et un escargot
en escalade
debout à la fenêtre -
dans les branches du saule
l'humeur du vent
au vent du soir
le forsythia cède une fleur
...de temps à autre
Damien GABRIELS
extraits de Zenza,
le vent se lève
elle joue sa flûte traversière
deux voix rauques
elle prend un balai
et balaie la terrasse
les fleurs tombent
jardin éclairé
avec des flambeaux
elle esquisse
Geert VERBEKE
Souvenirs d'hiver,
sur les arbres nus encore
les nids délaissés.
Dominant la foule
grosse tête en carton danse ...
à petits pas d'homme.
Sur son char branlant
la reine poursuit son rêve
de prince charmant
Marie NEPOTE
du bleu aux yeux
avant de valser
pieds nus
toujours une mouette
sur la tête de l'Amiral
Duperré
la bogue verte
à une seconde près
sur ma tête
alain legoin
Avion dans le ciel bleu
Longue traînée blanche
Le vent balai devant sa porte
Clocher élancé
Pointé vers le ciel
Veut-il nous montrer Dieu ?
Cupidon d’amour
Arc-en-ciel
Flèche en plein cœur
Bernard CADORET
Un renard cette nuit
a mangé la vieille poule
le coq est bien gai
Bruits de plumes
chuintements de sous-bois
noce de chouettes
cerisiers tout blancs
vivement qu'ils soient rouges
dit un merle noir
Michel BERTRAND
L'oeil s'est figé
sur le brûlot d'un rire
de la gargouille
Lueur printanière
concerto pour violons
mes songes à la fenêtre
Au loin mille chevaux
le bruit des vagues
comme un mirage
Jean LE GOFF
près de la cabane
la menthe a tout envahi
bêche abandonnée
matin parfumé
le chèvrefeuille contourne
le cadran solaire
l'ombre d'une branche
sur le volet qui s'écaille
un oiseau pépie
Danièle DUTEIL
Parade amoureuse:
Merlette fuit... pas trop vite:
ne pas le semer.
Ce matin d'été
terrasse fraîche arrosée
petit noir brûlant
- écrit lors de la visite de l'exposition "Beautés divines" de Morita Rieko à l'Espace des Arts Mitsukoshi Etril (3 rue de Tilsih-Paris)
"voile printanier":
les grappes en mauve pâle
des glycines mûres.
Marie
bateaux bien ancrés
une fenêtre entrouverte
à l'hôtel du port
forêts de mâts
le bassin de son enfance
méconnaissable
dans le coquillage
tous les parfums de la mer
la plage érodée
Danièle Duteil
sa main attend
près des abricots
le départ de maman
l'amour fou
dans un lit
de deux mètres
bijou chou caillou
prennent un "x" au pluriel
certains films aussi
alain legoin
au soleil l'été
la chaise longue au jardin
miel et figue chaude
la sieste au soleil
sous les bambous frissonnant
envie de bois dur
jour de canicule
mes lèvres rêvent de boire
suave liqueur
Yvette Lehre
Le coq a trop chanté
toute crête rougie
a fini rôti
Le talus au soleil
s'est vu tout cramoisi
de coquelicots
Quant à moi sans m'exposer
en te voyant
je me suis empourprée
Choupie
Laboureur, sueur au front
Perles de culture
Gouttent dans le sillon.
Ferronnier d'art
Bat le fer
Tout est art et savoir-faire.
Peintre d'un été
Sueur sur la toile
Goutte à goutte il peint à l'eau
Bernard Cadoret
Réveil sans réveil,
par la fenêtre: du bleu!
vacances de rêves ...
La sieste au soleil
Nous sommes deux en terrasse
Le lézard et moi
Se lever très tôt
Pour que dure cette vacance
J'entends le grillon
Yvette Lehre
triant les dossiers -
un oiseau égaré ouvre
une parenthèse
à la queue leu leu
sur l'autoroute de l'Ouest
arbres géants nus
face à l'abbatiale
le soleil
un peu voilé
Danièle Duteil
Matin sous la couette -
au bruit de circulation
ses ronflements
Lydia Padellec
c'est bien le pommier
qui a caché ses feuilles
au coin du jardin
Michel Bertrand
Océan si froid -
la caresse de l'algue
entre mes cuisses
Lydia Padellec
Si la tempête faiblit
redresse-toi
regarde au loin
Choupie Moysan
Nuit froide -
mon voisin chante à tue-tête
je croque mon kaki
Lydia Padellec
Le sel te piquera les yeux
tant mieux
Les images sont en toi
Choupie Moysan
sous un châtaignier
un hérisson étonné
de tant d'héritiers
Michel Bertrand
Planté en terrain mou
le riz fait récolte
la pensée idem
Choupie Moysan
Seule dans ma chambre
j'écoute Diana Krall -
blue moon... blue night
Lydia Padellec
"...près de toi, Seigneur",
les corneilles se chamaillent
autour du clocher
Annick Dandeville
Si rares à fleurir
on les sent plus parfumées
les roses d'octobre
Martine Morillon-Carreau